Grandes pestes écologiques : et si le terrain était la clé?

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Le Banana Bunchy Top Virus s’attaque aux musacées et aux zingibéracées (opuhi et gingembres) des îles du Pacifique.

La fourmi de feu envahit nos vallées depuis une dizaine d’années.

La mouche des fruits bla bla bla

Le mildiou patati

La liste des pestes est interminable, elle accompagne l’histoire de l’agriculture au 20ème siècle, comme un chancre s’incruste dans l’écorce d’un arbre. A tel point qu’on en arrive à penser que tout cela est inévitable, que la seule alternative est de subir  ou utiliser des “produits”. Nul doute que Monsanto se fera un plaisir de fournir à la Polynésie tout le glyphosate qu’il faudra pour éradiquer jusqu’au dernier les plants de banane infectés.

 

Mais au fond, ces pestes, de quoi s’agit-il exactement?

Il s’agit d’insectes, de plantes, mais le plus souvent de micro-organismes : virus, bactéries ou champignons qui vont proliférer dans certaines circonstances, secondées en cela par des vecteurs de propagation (pucerons, mouches, homme lui-même) qui véhiculent l’agent infectieux.

 

En somme, c’est exactement comme les maladies de l’homme.

Et chez l’homme, la science redécouvre (ou fait mine de redécouvrir) que le terrain est la clé.

LE TERRAIN CHEZ L’HOMME, c’est quoi? En gros, c’est le fait, ou pas, d’avoir un organisme équilibré, dans lequel les facteurs toxiques ne créent pas de stases parce qu’ils sont régulièrement éliminés.

Dans un organisme dont le terrain est équilibré, les pathogènes exogènes (les vilaines bébètes invisibles qui arrivent de l’extérieur) sont naturellement détruits à chaque fois qu’ils sont introduits dans le milieu intérieur. En somme, pas de maladie, ou alors ça dure très peu de temps.

 

Nous pensons qu’il en va exactement de même pour la végétation.

Alors, LE TERRAIN POUR LA VÉGÉTATION, c’est quoi?

C’est l’équilibre naturel qui s’établit lorsque l’homme cesse d’intervenir : biodiversité et sol vivant. Ca fait court comme diagnostic. c’est tellement simple que ça n’a pas l’air sérieux.

Dans un écosystème où règne l’homéostasie, c’est à dire où soit l’homme n’est pas intervenu depuis longtemps, ou alors il est présent mais ne crée pas de déséquilibre, dans un tel écosystème, il n’y a pas de maladie. Pas de surmortalité, pas de grande peste.

 

Voilà donc mon hypothèse, et ceux qui me connaissent savent déjà ce que je pense sur ce sujet :

On pourra traquer tous les pathogènes avec la plus grande des technicités, on n’arrivera à rien si le terrain est déséquilibré, c’est à dire si l’homme a appauvri la biodiversité et les sols.

A contrario, si nous traitons le sol avec respect, en cessant de le polluer, en cessant aussi de le défricher comme des maniaques pour laisser, le plus possible et partout où c’est possible, les arbres revenir, alors nous n’aurons même pas besoin d’avoir à connaître l’identité de tel ou tel virus, puisque ceux-ci ne menaceront plus nos ressources végétales.

Fukuoka, désert, pluie, sol et forêt

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C’est dans un désert américain,

que je réalisais soudain que la pluie ne tombe pas des cieux ;

elle provient d’abord du sol.

La formation des déserts n’est pas due à l’absence de pluie ;

mais plutôt, la pluie cesse de tomber parce que la végétation a disparu.

Pour en sortir, il nous faut d’abord apprendre à régénérer les anciennes forêts.

Masanobu Fukuoka

6 couvertures de sol faciles et durables pour les permaculteurs des Tropiques !

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On sait maintenant qu’en agriculture, le sol à nu est une folie coûteuse et destructrice du sol à terme.
Il faut donc couvrir le sol, d’une façon ou d’une autre.

Les meilleurs mulchs sont ceux qui couvrent tout en le nourrissant, comme le fait la litière de feuilles dans la forêt.
Le brf et les mulchs de feuilles sont ceux qui s’en rapprochent le plus.

Mais sur un terrain sans arbre, pour obtenir cette litière permanente, il faudrait la renouveler plusieurs fois par an.
Or, ça peut se révéler fastidieux et coûteux à la longue.

Il existe des paillis plus inertes, qui assureront totalement la fonction « couverture » et assureront la fonction « alimentation » du sol de façon moins intense, mais suffisante pour la plupart des espèces.

1- les coques de coco
C’est la plus lentement biodégradable (plusieurs années)
J’ai vu un ami faire des merveilles dans ses planches à Papeete avec un tapis de coques de coco (liseron d’eau et herbes aromatiques) !

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2- la bourre de coco
Plusieurs mois de biodégradation, plus d’un an en fonction de l’écosystème.
La fonction alimentation du sol est plus importante avec la bourre qu’avec les coques brutes.

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3- les algues
Un super mulch, consommation complète supérieure à un an.
A utiliser sans modération quand les vents rejettent des algues sur nos plages, en les dessalant (au moins partiellement) au préalable.

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4- les aiguilles de pin
Un mulch durable, pour plantes aromatiques et arbustes.

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5- Les palmes de cocotier
Utilisées depuis des siècles (et probablement des millénaires), notamment dans les tarodières.

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6- Les feuilles de bananiers
Matériau facile d’accès, assez rapidement biodégradable, mais si vous avez une bananeraie à proximité vous pouvez la renouveler régulièrement

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Bonnes plantations !

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